La lune et le matin
Parce que je n'aime avoir pour
bien éclairer mes heures
Que les étoiles dehors
Parce que je ne me sens belle
que sous les pâles lueurs
De la ville qui s'endort
Aussi parce que chaque nuit me
révèle, une à une
C'est pour ça aussi, sûrement,
que l'on m'appelle
Parce que j'aime du café qu'il soit jeune dans sa tasse
Que soient neuves mes envies
Parce que j'aime d?un jour que pas encore, il ne passe
Et la ville qui revit
Parce que je sais que le soir n'est pas tout à fait
certain
C'est pour ça aussi, je sais, qu'on m'appelle le Matin
On peut tout imaginer
Quand
les lumières se tamisent
On a tout à
espérer
Quand le soleil se dégrise
Je ne sais presque rien sur elle qui vit quand mes yeux
se ferment
Qui fait ses jours de mes nuits
Et je sais bien peu de lui qui
se réveille à mon terme
Et que je croise sans bruit
Mais on l'appelle
Il est vain que je m'allume,
on l'appelle le Matin
On
a tout à espérer
Quand le soleil se dégrise
On
peut tout imaginer
Quand
les lumières se tamisent
Mais quand la nuit vient
mourir, il me suffirait de peu
Pour, à l'aube, lui survivre
Et quand le jour vient s'éteindre, juste espérer que
mes yeux
Puissent, pour un soir, la suivre
Et pour ses si longues veilles, que mon café soit
fumant
Et qu'à l'heure de son réveil,
je lui offre mon croissant
On peut tout imaginer
Quand
les lumières se tamisent
On a tout à
espérer
Quand le soleil se dégrise...
P.G



